Les Origines

 

Certains colons juifs, présents sur le territoire de la Palestine avant la création de l'Etat d'Israël, se regroupaient pour s'entraîner au combat.

Toutes les inspirations martiales et sports de combat étaient représentés (Judo, Karaté, Penchak Silat, Boxe anglaise et française, canne de combat et bâton) mais aussi des inspirations de close-combat militaires, notamment des S.A.S avec les colonies anglaises, et d'autres pratiques d'opportunité comme le combat avec couteau, bâton ou même l'art de lancer les cailloux...

Le nom donné à ces différentes activités martiales par les colons était "KAPAP", abréviation de krav panim el panim (combat face-à-face).

 

Lorsque l'Etat d'Israël a été crée en 1948, la première armée israélienne a vu le jour et le nom de Kapap a été repris pour désigner l'art du combat au corps-à-corps des militaires.

Quelques années plus tard, l'armée israélienne changea le nom de Kapap en Krav maga (que l'on peut traduire littéralement par combat contact ou combat rapproché en français et par close-combat en anglais).

Imi Lichtenfeld était un des instructeurs de Kapap, puis de Krav maga de l'armée israélienne.
A sa retraite, Imi ouvrit un club à Netanya (banlieue balnéaire de Tel-Aviv) qu'il appela IKMA (Israeli Krav Maga Association)
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Utilisant des défenses naturelles, la discipline du Krav Maga permet à toute personne de se défendre ou de porter une aide à autrui contre toutes atteintes ou dans toutes situations conflictuelles.

 

 

Les courants du Krav Maga

 

Comme tous les arts martiaux, le Krav-Maga s’est divisé en différentes écoles ou courants même avant la mort du fondateur, Imi Lichtenfeld.

A ce jour, on dénombre 5 organisations principales en Krav Maga : la F.E.K.M., l’I.K.M.A., l’I.K.M.F., la WKMF et la Federaçao Sul Americana de Krav-Maga.

Ces écoles ont été créées par des instructeurs reconnus qui ont tous travaillé avec Imi mais qui avaient une vision différente du Krav Maga.    Les trois plus anciens élèves d’Imi étaient :
Raphy Elgrissi , Haim Zut et Eli Avikzar.
Ce dernier a formé notamment : Eyal Yanilov, Haim Gideon, Kobi Lichtenstein et Richard Douïeb. Ces 4 personnes ont été  également formées directement par Imi.

 

 

Les principes du Krav Maga

 

RÉFLEXIVITÉ

A l’origine, le Krav maga a été mis au point pour l’armée israélienne. Il fallait une méthode rapide à mettre en œuvre pour que les soldats puissent être opérationnels en quelques mois.

Des tests ont été mis en place par les militaires pour voir quels étaient les mouvements de défense naturels et instinctifs sur diverses agressions.

Comment réagissent la plupart des personnes étranglées par surprise ? La majorité réagira en apposant ses mains sur les mains de l’agresseur pour soulager l’étreinte : c’est l’instinct de survie.
Comment réagit-on sur un coup de poing circulaire au visage ? La majorité réagit comme un enfant réagira s’il voit une gifle arriver. Il se protégera du côté de l’attaque avec la main ouverte la plus proche. Il ne fera pas une esquive ou un blocage sophistiqué. On va ainsi faire ressurgir en nous le geste de l’enfant, le réflexe naturel, l’instinct de survie pour se protéger.

Par la suite, on ajoutera des percussions sur des points sensibles pour neutraliser rapidement l’agresseur. Le geste de défense que l’on va répéter pour l’intégrer sera une défense issue ou très proche du réflexe naturel, de l’instinct animal de survie, suivie de frappes courtes, rapides sur des points vitaux. L’automatisme (ou réflexe conditionné) aura donc pour départ le réflexe naturel, l’instinct "primaire".

 

Avantages :

L’apprentissage sera très rapide, car nous avons en nous naturellement toutes les "clés", il suffira de les "réveiller" par un entraînement adapté. En 3 à 4 mois environ, à raison de 2 cours par semaine, on aura acquis la base de la gestuelle nécessaire à sa survie en cas d’agression, alors qu’il faut de 3 à 4 ans pour maîtriser les bases d’un art martial.
Une fois l’automatisme acquis, la gestuelle de défense restera quasi-intacte et ce très longtemps avec peu ou pas d’entraînement, car elle est proche du geste instinctif.
Le principe de réflexivité, le fait que les mouvements appris soient issus du réflexe naturel, est la particularité principale du Krav maga.

On continue de nos jours à effectuer des jeux de rôles "agresseurs - défenseur" pour voir quels sont les gestes instinctifs de survie sur telle ou telle agression et ce dans tel ou tel contexte.

Ainsi, on voit sur le terrain, en situation, quel est le premier geste de survie, puis on y rajoute la riposte adaptée pour en faire un automatisme, contrairement aux arts martiaux ou systèmes de self-défense traditionnels qui répètent des enchaînements techniques, des automatismes pour espérer les ressortir en situation d’agression.

Or, on se rend compte qu’avec l’effet de surprise et le stress, les automatismes acquis dans les arts martiaux traditionnels ont beaucoup de mal à "passer" dans la rue, en situation d’agression réelle.

Notre démarche pédagogique est différente car :

" En Krav maga, on part du terrain pour travailler la salle d’entraînement, et non de la salle d’entraînement pour préparer le terrain."

 

SIMPLICITÉ

La gestuelle de défense (les esquives, les parades) tout comme les mouvements de riposte (les percussions poings/pieds) doivent être le plus simple possible.
Au départ, le soldat devait pouvoir bloquer et frapper avec une tenue lourde (casque, gilet pare-balle, chargement sur le dos...).

Donc, les mouvements devaient être courts, simple, rapide et à la portée de tous les gabarits.

Dans un autre contexte actuel, par exemple, cela pourrait être une jeune fille avec une jupe, des talons qui devrait pouvoir se protéger et riposter face à un agresseur et ce sans perdre son équilibre tout en restant efficace.

En Krav maga, on va préférer un coup de pied direct ou un coup de genou aux parties, à un coup de pied sauté ou tournant à la figure.

On va privilégier des gestes simples faciles à mettre en œuvre, dans toutes les tenues vestimentaires et ce quel, que soient son âge et sa condition physique.

On va également préférer les techniques qui présentent le moins de risque possible pour le défenseur.

 

POINTS SENSIBLES

En Krav maga on peut percuter avec toutes les armes naturelles : poings, pieds, coudes, genoux, tête et ce sur toutes les zones du corps humain.

Toutefois, à l’entraînement on va privilégier, pour les automatiser, les frappes sur les points les plus sensibles du corps humain :

les yeux, la gorge et le triangle génital.
Ce sont des zones très vulnérables car elles ne sont pas protégées par des muscles.
Même si l’agresseur est imposant, il sera neutralisé par une jeune fille fluette si elle lui griffe les yeux ou lui met un coup de genou dans les parties !

 

CHEMIN LE PLUS COURT

Plus le chemin entre l’arme et la cible est court, plus le temps de riposte est court et moins l’agresseur a le temps de s’organiser.

Par exemple, si le défenseur est en garde passive face à un agresseur, les mains ouvertes en avant en signe d’apaisement, il sera plus rapide de piquer les yeux de l’attaquant avec les doigts tendus ou bien avec la paume de la main ouverte au visage (arme du haut sur la cible du haut), ou de lui envoyer un coup de pied dans le triangle génital depuis la jambe la plus avancée (arme du bas sur la cible du bas).

 

DÉFENSE A 360°

Dans les arts martiaux traditionnels, bien souvent on se défend en position de garde, face à face, à 2 ou 3 mètres l’un de l’autre, et même parfois on annonce à l’adversaire le coup qui va arriver.

En Krav maga, après avoir répété plusieurs fois la technique de défense, face à face, en garde active, en garde passive, en position neutre, on devra s’adapter pour se faire attaquer de côté, de dos, en variant les distances…mais aussi plaqué contre un mur, assis, couché…d’où « travail à 360° », toutes distances et depuis toutes les positions de départ.

 

TRAVAIL SOUS STRESS

Il est bien beau de connaître de belles techniques, encore faut-il arriver à les placer "sur le terrain" !

En effet, même un très bon technicien, s’il n’est pas habitué au travail "sous stress", peut arriver à perdre tous ses moyens en situation réelle.

Par exemple, à la vue d’un couteau dans la rue, votre fréquence cardiaque peut monter à plus de 160 pulsations par minutes sans aucun effort physique au préalable et ce juste avec l’impact psychologique.

Il est donc important de s’entraîner avec un rythme cardiaque élevé pour essayer de recréer une situation de stress et ainsi de s’approcher de la réalité.
Une fois que l’on a appris des techniques, on va essayer de les faire ressortir en situation réflexe, en enchaînant des défenses sur plusieurs adversaires et ce après avoir fait des exercices physiques (pompes, abdos, squats, courses, sauts, ramper, frappes au bouclier…) ou en fermant les yeux au départ, ou encore en créant des déséquilibres (tourner sur soi en fermant les yeux…).

Le but est de nous faire travailler la faculté d’adaptation.

 

TACTQUE

Savoir analyser rapidement avant d’agir : on préférera faire un bon sprint plutôt que d’affronter 3 agresseurs simultanément.

Savoir utiliser l’environnement : se protéger derrière un arbre, tourner autour d’une voiture, attraper une chaise en guise de bouclier, une veste, ou encore utiliser des objets usuels comme arme de défense tels que clés de voiture, bouteille, stylo, journal, parapluie…

Avoir une attitude corporelle apaisante, une gestuelle calme, un langage adapté en essayant de "désamorcer" la situation de crise. Il ne faut pas qu’un incident mineur ne se transforme en incident majeur !

Savoir anticiper : parfois la meilleure défense reste l’attaque. Il est plus simple de porter un coup en premier que de parer un coup        (pas évident !) puis de riposter. En effet, si vous avez raté la parade ou l’esquive, il vous sera difficile de porter un coup car vous serez déséquilibré voire sonné